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Covid-19 au 1er trimestre : y a-t-il un risque de malformations ?

par Yannick Duval
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Les preuves actuelles indiquent que ni une infection par le SARS‑CoV‑2 ni la vaccination pendant le premier trimestre n’ont été associées à une augmentation du risque de malformations congénitales chez les enfants nés vivants. Une large cohorte nordique publiée dans le BMJ rapporte des Odds Ratios proches de 1, ce qui est rassurant tout en imposant de rester attentif aux limites méthodologiques.

Que rapporte précisément l’étude nordique publiée dans le BMJ ?

Les chercheurs ont analysé 343 066 enfants nés vivants entre mars 2020 et février 2022 pour évaluer l’impact d’une infection maternelle par le SARS‑CoV‑2 au premier trimestre et, dans une sous‑population de 152 261 naissances, l’impact de la vaccination maternelle durant cette même période de grossesse. Environ 3 % des nourrissons avaient été exposés à une infection au premier trimestre; le ratio de chances (OR) pour les malformations était de 0,96. Pour la vaccination, 19 % des nourrissons étudiés avaient été exposés in utero (77 % des doses Pfizer‑BioNTech, 23 % Moderna) et l’OR rapporté était de 1,03 après ajustements pour plusieurs facteurs confondants.

Page de rapport scientifique et graphiques montrant des statistiques d'étude
La cohorte nordique a analysé plus de 343 000 naissances pour évaluer les risques.

Limites et précautions dans l’interprétation des résultats

Même si les chiffres sont rassurants, quelques nuances sont indispensables. L’étude porte sur des enfants nés vivants, ce qui signifie que des malformations détectées précocement et conduisant à une interruption de grossesse ou à une perte fœtale peuvent être sous‑représentées. L’accès aux tests et aux soins varie selon le contexte socio‑économique et géographique, créant un risque de biais de détection.

De plus, malgré les ajustements, des facteurs résiduels peuvent persister. Les auteurs notent des différences entre les mères infectées et les mères vaccinées en termes de niveau d’éducation, de revenus, d’origine et de comorbidités comme l’obésité ou d’autres maladies chroniques, ce qui complique l’attribution directe d’un effet spécifique au virus ou au vaccin.

Enfin, des anomalies très rares ou des effets tardifs nécessitent un suivi prolongé au‑delà de la période néonatale pour être pleinement évalués; la mise à jour continue des registres et des études de suivi reste donc importante.

Pourquoi la vaccination pendant la grossesse est toujours recommandée

Outre l’absence d’association avec les malformations dans cette large cohorte, la vaccination maternelle montre un intérêt évident pour réduire les complications graves liées à l’infection. Les données rassemblées indiquent que l’infection maternelle augmente fortement les risques de complications : admission en soins intensifs, naissances prématurées et décès fœtaux in utero. La vaccination contribue à réduire ces risques et offre par ailleurs une protection indirecte au nouveau‑né via des anticorps maternels transmis avant la naissance.

Femme enceinte discutant de la vaccination avec un professionnel de santé en consultation
La vaccination pendant la grossesse réduit les risques sévères liés à l’infection maternelle.

Conseils pratiques pour les femmes enceintes face au Covid‑19

  • Discutez de la vaccination avec votre sage‑femme ou votre médecin pour choisir le bon moment et obtenir des réponses adaptées à votre situation médicale.
  • Souscrivez aux examens prénataux et aux échographies recommandées pour la détection des anomalies afin de garantir un suivi complet, quelle que soit l’exposition au virus ou au vaccin.
  • Continuez les gestes barrières et les mesures de prévention selon les recommandations locales pour réduire le risque d’infection pendant la grossesse.
  • Si vous avez des facteurs de risque (maladies chroniques, obésité, antécédents), signalez‑les à votre équipe soignante : elles influencent la prise de décision individuelle.

Les données issues de registres nationaux et d’études de grande ampleur sont précieuses pour orienter les recommandations, mais elles ne remplacent pas l’échange personnalisé avec un professionnel de santé. La surveillance continue et les études de suivi permettront d’affiner encore la compréhension des effets à long terme, tout en confirmant le profil bénéfice/risque de la vaccination pendant la grossesse.

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