La bronchiolite du nourrisson se prévient aujourd’hui par deux approches complémentaires : la vaccination de la mère en fin de grossesse et l’administration d’un anticorps monoclonal au nouveau‑né, auxquelles s’ajoutent des gestes quotidiens pour limiter la transmission. Ces mesures ont permis de réduire l’intensité de l’épidémie précédente et de protéger plus de 450 000 bébés lors de la dernière campagne.
Pourquoi intervenir avant la première exposition au virus ?
Le virus respiratoire syncytial (VRS) provoque la plupart des bronchiolites chez les moins de deux ans et circule surtout de l’automne à la fin de l’hiver. Les tout‑petits, et en particulier les prématurés ou les nouveau‑nés, peuvent développer des formes graves nécessitant une hospitalisation. Agir avant la première saison d’exposition vise à réduire ces formes graves et à alléger la pression sur les services de pédiatrie pendant l’épidémie.
Les deux options principales de prévention
Vaccination maternelle : comment ça fonctionne
La vaccination pendant la grossesse utilise le vaccin Abrysvo® administré au huitième mois (entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée). La mère produit des anticorps qui traversent le placenta et offrent une protection au nouveau‑né dès la naissance si l’accouchement survient au moins deux semaines après l’injection, et pendant environ six mois après la naissance. Cette vaccination peut être réalisée par les médecins, sages‑femmes, infirmiers diplômés d’État et pharmaciens, et elle est prise en charge à 100% par l’Assurance maternité.

Immunisation passive du nouveau‑né : le rôle du Beyfortus®
Le Beyfortus® (nirsevimab) est un anticorps monoclonal injecté directement au nouveau‑né pour neutraliser le VRS et offrir une protection rapide et d’une durée d’au moins cinq mois. Il s’adresse aux nourrissons lors de leur première saison d’exposition et est proposé en maternité aux nouveau‑nés dont la mère n’a pas été vaccinée. Depuis le déploiement, l’adhésion a été importante en maternité, avec des taux de couverture rapportés entre 60 % et 90 % selon les établissements.
Quand et où ces mesures sont‑elles proposées ?
La campagne de prévention 2025‑2026 a étendu l’accès à ces outils : Abrysvo® est disponible pour les femmes enceintes au cours du huitième mois, et le Beyfortus® est proposé en maternité dès la naissance lorsque la mère n’a pas été vaccinée. Le Beyfortus® a été rendu disponible progressivement selon les territoires, avec des dates de mise à disposition en 2025 pour la Guyane, la métropole et plusieurs collectivités d’outre‑mer, puis à Mayotte.
Pour les nourrissons nés juste avant le lancement de la campagne, une immunisation de rattrapage peut être réalisée en ville sur prescription : pour les bébés nés entre février et août 2025, le Beyfortus® peut être prescrit en consultation, avec un remboursement partiel par l’Assurance Maladie.
Gestes quotidiens pour réduire la transmission
- Lavez‑vous les mains systématiquement avant tout contact direct avec le bébé.
- Évitez les lieux publics confinés et les transports en commun lorsque possible durant la saison épidémique.
- Ne laissez pas des personnes enrhumées ou fébriles approcher le nourrisson et portez un masque chirurgical si vous êtes malade.
- Aérez régulièrement les pièces de vie et nettoyez fréquemment biberons, tétines et jouets.
- Ne fumez pas à proximité du bébé, le tabac augmente la vulnérabilité des voies respiratoires.

Limites, confusions courantes et points de vigilance
Ces mesures ne sont pas obligatoires : le choix appartient aux parents après échange avec un professionnel de santé. Une erreur fréquente est de penser qu’un seul dispositif annule la nécessité des gestes barrières ; au contraire, les protections pharmacologiques réduisent le risque de formes graves mais ne suppriment pas entièrement l’exposition. Autre confusion : l’immunisation passive par anticorps est destinée aux nourrissons dont la mère n’a pas été vaccinée, tandis que la vaccination maternelle protège le bébé via le transfert d’anticorps transplacentaires.
Enfin, si la campagne a démontré son efficacité en raccourcissant et en atténuant la dernière épidémie, il reste important de discuter du calendrier et de l’admissibilité avec votre sage‑femme, votre pédiatre ou votre médecin traitant pour s’assurer du meilleur plan de prévention pour votre situation.
FAQ
Quand faut‑il vacciner la mère pour protéger le nouveau‑né ?
La vaccination maternelle se réalise idéalement au huitième mois de grossesse, entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée, afin que l’enfant bénéficie d’anticorps protecteurs si la naissance survient au moins deux semaines après l’injection.
Qui peut recevoir le Beyfortus® et quand ?
Le Beyfortus® peut être administré au nouveau‑né lors de sa naissance en maternité si la mère n’a pas été vaccinée, offrant une protection d’au moins cinq mois ; certains nourrissons nés juste avant la campagne peuvent bénéficier d’une immunisation de rattrapage en consultation médicale.
Ces mesures sont‑elles gratuites pour les parents ?
La vaccination maternelle est prise en charge à 100% par l’Assurance maternité. L’administration du Beyfortus® en maternité est intégralement prise en charge sans avance de frais, tandis que les schémas de rattrapage réalisés en ville peuvent bénéficier d’un remboursement partiel selon la situation.
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